Vote pour le premier tour des élections municipales à Nouméa, en Nouvelle-Calédonie, le 15 mars 2026 ( AFP / Delphine MAYEUR )
Six ans après une élection marquée par l'épidémie de Covid-19, les Français votent dimanche pour le premier tour des municipales, un scrutin où la participation sera scrutée de près et qui s'annonce très indécis dans plusieurs grandes villes, promettant de vifs débats sur les alliances d'entre-deux-tours.
Les bureaux de vote fermeront à 18 heures, 19 heures ou, dans les plus grandes villes, 20 heures, heure à laquelle pourront être publiés les premiers résultats.
L'ancien Premier ministre Edouard Philippe (Horizons), qui a fait de sa réélection au Havre un prérequis à sa candidature à la présidentielle de 2027, a été l'un des premiers responsables politiques à voter peu après 08H00.
A Marseille, le militant antinarcotrafic Amine Kessaci, qui figure sur la liste du maire sortant divers gauche Benoît Payan, a voté dans une école, gilet pare-balle sous sa chemise.
A Nice, où des dizaines de milliers de bulletins, endommagés samedi à cause de la pluie, ont du être réimprimés en urgence, l'ensemble des bureaux de vote a ouvert normalement, selon la préfecture. "C'est toujours un moment fort de venir voter. Mais cette année, c'est quand même un peu particulier", commente une femme d'une soixantaine d'années, une allusion à la campagne rocambolesque pour départager les deux éternels rivaux Christian Estrosi (Horizons) et Eric Ciotti.
A Loubeyrat, village de 1.400 habitants du Puy-de-Dôme, Myriam Wrzesinski, fonctionnaire de 47 ans, est accompagnée de son petit garçon : "c'est important de lui montrer, comment et pourquoi on vote et d'être représenté localement".
Quelque 48,7 millions d'électeurs sont appelés aux urnes - dont 358.000 ressortissants de l'Union européenne. En raison du décalage horaire, le vote est déjà terminé en Nouvelle-Calédonie.
Grande inconnue, la mobilisation. Elle sera certes nettement plus forte qu'en 2020, où la pandémie de Covid-19 avait massivement dissuadé les électeurs, notamment âgés. Mais sera-t-elle suffisante pour enrayer la lente érosion observée d'élection en élection (de 78,4% en 1983 à 63,6% en 2014), particulièrement chez les jeunes et les habitants des quartiers populaires?
Le ministère de l'Intérieur fournira des chiffres provisoires de participation à 12 heures, puis à 17 heures.
Une large majorité des électeurs votera en fonction de la situation locale, dans ce scrutin moins polarisé qu'au niveau national, même si certaines priorités - lutte contre le narcotrafic, accès aux soins ou au logement - sont identiques.
Et le gouvernement a tout fait pour éviter une nationalisation du scrutin, qui lui est défavorable faute d'implantation territoriale solide du parti présidentiel Renaissance.
93% des communes, qui n'ont qu'une ou deux listes à départager, connaîtront leur maire dès le premier tour.
Mais l'incertitude est importante dans les grandes villes où peu d'édiles sont assurés d'être reconduits. Dans ces agglomérations, sitôt les résultats connus, une autre élection commencera, avec la question des alliances du second tour.
- Triangulaires, quadrangulaires, quinquangulaires -
Une urne pour les élections municipales, le 14 mars 2026 à l'hôtel de ville de Bordeaux ( AFP / Philippe LOPEZ )
A un an de la présidentielle, le débat sur ces alliances est vif à gauche au vu de l'inimitié de plus en plus forte entre socialistes et Insoumis.
Il est également intense de l'autre côté de l'échiquier: l'extrême droite entend supplanter à certains endroits la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance là aussi en vue de 2027.
A Paris, les perspectives de victoire d'Emmanuel Grégoire (PS) ou de Rachida Dati (LR) seront ainsi très différentes si Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) dépassent ou non les 10% et décident ou non de se maintenir.
La question se posera aussi à Marseille pour le maire sortant de gauche Benoît Payan et le candidat RN Franck Allisio donnés largement en tête devant Martine Vassal (LR) et l'Insoumis Sébastien Delogu. Ou encore à Toulouse où le divers droite sortant Jean-Luc Moudenc mise sur une triangulaire avec socialistes et Insoumis.
Grands vainqueurs de 2020, les Ecologistes sont sur la défensive à Strasbourg ou Bordeaux. Mais, à Lyon, le maire Grégory Doucet croit en une "remontada" face à l'ex-patron de l'OL Jean-Michel Aulas, dont l'avance a fondu dans les sondages.
Paris, Lyon et Marseille connaissent leur première municipale depuis la réforme du mode de scrutin, avec élection "directe" du conseil municipal en plus des secteurs ou arrondissements.
"Si ce scrutin pouvait rester local, si on pouvait arrêter d'en faire un enjeu national, ce serait bien", explique Maya Rayer, 52 ans, électrice du 15e arrondissement de la capitale.
Encore peu implanté localement, le Rassemblement national entend gagner des villes petites et moyennes dans le sud-est et le nord, et ajouter Toulon, voire Marseille, à Perpignan pour celles de plus de 100.000 habitants.
Quant aux Insoumis, ils espèrent ravir Roubaix (Nord) et créer la surprise dans certaines villes franciliennes.

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